Le métal acéré a fait jaillir les gouttes
Pressées de respirer l'éther du lieu maudit
D'une main assurée j'éponge l'incendie
Mille fois allumé tout au long de vos routes.
L'encre bleue se répand, trait tiré sur les doutes
Arabesque imposée, comme une maladie
Témoignant que le corps n'est qu'une comédie
Pour les démons honnis, nos âmes sont dissoutes.
Car ici, tatoueur, je porte ce manteau
Sans autre identité, moi aussi dans l'étau
Qui m'enchaîne à jamais dans les livres d'histoire.
Né Ludwig Eisenberg, je vous ai tant marqués
Ces chiffres inhumains conservent la mémoire
À Auschwitz je gravais tous vos noms confisqués.
