Réveil ! Sa sonnerie, perceuse tant haï,
Ses sons sont si stridents, concerto décevant.
Je pars, brume chérie, douce Celephaïs,
Et rejoins les vivants, vide, les pieds devant.
Un nouveau tour de roue, nouveau supplice mou,
La machine se lance, et l'afflux recommence,
Charrie, dans sa danse, des idées de violence,
À parfois rendre fou, mais l'ennui les rend floues.
Porté par mes pas lents, je glisse sur les heures,
Au milieu des parents, amis et inconnus,
Un costume couvrant mes soupirs de roi nu.
Carnaval permanent, bal du bonimenteur.
Et m'offrant de l'espoir, ces fantômes du jour,
Pour une courte histoire, ils me font le coeur lourd.
La nuit s'annonce enfin, je guette le marchand,
Il est tard, il est loin, en dehors du hors-champ.
Alors j'avance seul, dans le brouillard ami
Qui de son doux linceul, prépare l'accalmie.
Et la lumière perd, le jour faiblit, décroît,
Liberté temporaire, minable Delacroix.
La machine s'arrête et se remet en veille.
Avant que la bête bégaye et se réveille,
De toutes ses couleurs, le monde alors explose,
Les rêves sont mes leurres, et l'aube est leur nécrose.
