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Poème écrit par Nihilisteo

L'Étreinte Primale de l'Iroise

Entre mer et légende, la côte bretonne s'étire,
Telle une femme assoupie aux courbes infinies,
Offrant son corps d'écume et de granit
Aux caresses rythmées des marées ancestrales.

La mer d'Iroise, amante aux humeurs changeantes,
Dévoile au matin sa peau de jade frémissante,
Ondulant sous la lumière qui la pénètre,
En vagues successives d'un plaisir liquide.

Tréompan s'abandonne, plage consentante,
Étendant son estran comme un lit nuptial
Où nos deux corps – l'humain et l'océan –
Se mêlent en une communion originelle.

Le sable blanc, comme une chair vierge et ardente,
S'imprime de l'empreinte éphémère de mes pas,
Tandis que les dunes, seins gonflés de mystères,
Dessinent la géographie d'un désir immémorial.

Les falaises se dressent, phalliques et altières,
Sculptées par les morsures du vent insatiable,
Racontant en leurs failles les étreintes primitives
Des éléments qui forgèrent le visage du monde.

Le rocher du Serpent, gardien des mystères féminins,
Vibre tel un menhir chargé de mémoire païenne,
Là où la terre et l'eau s'épousent sans pudeur,
Dans la moiteur sacrée des embruns et des algues.

Je m'abandonne aux flots comme à un amant,
Laissant l'écume pénétrer mes secrets,
Mes cheveux dénoués flottant comme des algues
Sur la surface mouvante de cette fusion sensuelle.

La mer contre ma peau – langue salée qui me goûte,
Caressant chaque vallée, chaque sommet de mon être,
M'enveloppant dans ses bras liquides et puissants,
Jusqu'à ce que nos souffles ne fassent plus qu'un.

Comme Dahut, fille mythique du roi d'Ys,
J'entends l'appel érotique des profondeurs,
Et dans cette étreinte avec l'âme marine de Bretagne,
Je retrouve l'extase primitive de nos origines.

En ce rivage où dansent les korrigans du temps,
L'Iroise et moi célébrons nos noces élémentaires,
Et dans chaque ressac qui s'échoue sur ma peau,
Pulse le rythme premier du monde qui s'éveille.​​​​​​​​​​​​​​​​


Et le vent, ce vent subtil, insaisissable,
Ne le confonds pas au souffle,
Celui qui t’habite, celui qui fuit.

L’extérieur frappe, l’intérieur tremble,
Mais ne dis rien, surtout rien.
La tête penchée, le mot décapité,
Un éclat de pitié flétri,
Capiteux, le mot vacille, piteux,
Sous la charité absente,
Et la main tendue pour un silence
Qui seul tient les murs.

Les murs, ces prisons d’encre figée,
Ombres d’un cœur empoisonné,
Dévoré par ce qui lie tout — sauf la langue.
Alors tais-toi. Tais-toi.

Les lèvres rouges d’un sang mordu,
Oubliées, ignorées,
Aucun pansement pour cette urgence sourde,
Juste les plaies des âmes anciennes,
Les sutures fines des douleurs invisibles.

Et les lèvres scellées,
Une bulle éclate sans bruit,
Un sanglot étouffe les violons
Qui jadis chantaient.
La peine n’est plus une peine,
Elle est silence dévoré.

Éteins, éteins, éteins encore.
Il n’y a plus de lumière à voir.
Les larmes brûlent, mais à quoi bon ?
Éteins, car tu sais —
Oui, tu sais,
Je fus séduit par ce vent.
Un souffle doux,
Et le silence murmuré
Poème extrait de mon recueil : la sève incandescente
Publié chez Polyglotte

Tous droits réservés © Poème posté le 21/09/2026 (modifié le 21/09/2026) par Nihilisteo

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