Je me sens exister dans des lointains.
C’est l’impression qui me reste. Je m’interroge.
Je la sens qui bouge, qui se languit sous ma peau, qui coule à la cime de chaque membre. Au point d'y trouver dans ma détresse, tel l’arpenteur des neiges, l’âtre d’un logis les soirs d’hiver.
À Maïakovski, je pardonne de vouloir m’écorcher aux dents brillantes d’une étoile singulière
À la lune, j'offre mes plus beaux songes parmi ceux que l'on ne forme que sous les meilleurs augures
J’aime m’attendrir de la folie des oiseaux, j’aime galoper le dos des abeilles, j’aime me fondre derrière les écorces de l’arbre
J’attends de la mer l’écho d’un mysticisme chuchotant pour retrouver le battement de la voile
J’en veux aux mots pour leur lâcheté invisible quand s’introduit l’inconnu — ce flot de non-dits et de presque-pensé — qui claque et tourbillonne dans et contre ma paroi, pareil à la louche remuant la marmite pour y mêler les épices, et qui me plonge depuis toujours dans le trouble cosmologique de mon propre univers.
Poème écrit par
Uuarok
Lointain
2
« L’attention à la fluidité permanente dans la phrase vise à en arranger la substance. Elle s’attache à faire de ces mots enchevêtrés le reflet brumeux de l’eau qui, endormie et naïve, glisse le long de la rive. »
Tous droits réservés © Poème posté le 18/09/2026 (modifié le 18/09/2026) par Uuarok
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