Dire combien de fois me suis-je résolue
À devenir parfaite et même irréprochable !
Dévier de ce bel idéal d’absolu
Raffermit à la fois mon courage et l’accable
Car ce noble dessein jugé inatteignable
N’apporte que déboire et, parmi les élus,
Les anges et les saints seuls sont canonisables,
Ainsi ma volonté dans l’effort se dilue.
D’innombrables échecs en viles complaisances
Cependant je poursuis d’une égale constance,
Cette belle utopie née d’un cœur solitaire.
Oui, ce bon grain semé par des sœurs missionnaires,
Cet intrus vertueux, des chagrins me délivre
En donnant à mon âme un idéal pour vivre.
