Regardant à l’aveugle autour de moi,
Je succombe debout
À l’amère douceur
Du présent d’hier,
Du passé d’aujourd’hui,
Qui laissent sur la langue un goût mêlé,
Comme du miel au bord de l’oubli,
Ou l’épine d’une rose qui persiste.
L’amère douceur des jours révolus,
Elle caresse et griffe, en un même souffle,
Une promesse brisée et un rêve éveillé,
Un éclat d’hier que le présent dilue,
Mais qui jamais ne s’éteint tout à fait.
Cette amère douceur, comme un vent tiède,
Apaise et brûle à la fois,
Un murmure qui hurle à l’oreille des souvenirs,
Une lumière qui éclaire l’ombre de mes pensées.
L’amère douceur me berce encore,
D’un souvenir à l’autre, d’un instant à l’éternité.
Et, ainsi, je vis en décalé,
Comme une sandale en hiver,
Absurdement fidèle, là où tout manque,
Là où le froid n’épargne ni corps ni cœur.
Et toujours l’amère douceur qui persiste…
Je vois dans ce calme tumulte,
L’apothéose d’un futur incertain,
La boucle amère d’une victoire sans triomphe.
Cette amère douceur qui s’infiltre,
Dans chaque silence, dans chaque instant,
Un spectre fidèle qui caresse et dévore.
Elle revient, inlassable, comme la marée,
Déposant ses vagues d’ombres familières,
Et je vois des tortues qui volent à ailes déployées,
Comme des rêves qui s’arrachent à la pesanteur.
