Chevelure écarlate, paupières ruisselantes,
Voilà l'enfant qui saute dans les flots insolents.
Dévalant la prairie, il se perd dans son rire,
Il enfante la pluie, tel un vent qui respire.
Ivre de gambader sous l'averse, il s’invente
Être un roi immortel , affrontant les tourmantes
Redoutables déluges qui dans un doux délire
Veulent tout emporter, et veulent tout détruire.
Lui seul sera vainqueur des averses cinglantes,
Jupiter étendra sur les prairies fumantes
Les vagues, ondes et flots qui cherchent à séduire
Quand l'arc en ciel survient, ses rêveries d’empire.
L’herbe s’est attendrie, gorgée de flaque, il chante,
Rigole, pleure et rougis, son émotion enchante
Les oiseaux qui s’ébrouent, les nuages qui s’étirent.
Dans le jour finissant, l’enfant replie ses rires.
Il s’endort en rêvant à bord d’un grand navire.
Anabert
