I
Cinq bateaux sont amarrés à leur bouée,
Les coques blanches ondulent sur l’eau.
Les mouettes sont posées sur les rochers,
L’eau frise en vaguelettes, il fait beau.
Au loin quelques voiliers musardent,
Le phare de Trehic est loin sur sa jetée.
C’est un temps pour l’oubli sans parade.
Il me prend pour calmer la lancée.
Ce paysage de mer autour de la presqu’île
Me rend un peu triste et des sanglots
Profonds remuent comme une ville
Palpite la nuit, ombrage les flots.
Je ferme les yeux, j’ai éteint mon portable,
Les contacts et les signes sont ici-bas,
Il ne me reste plus beaucoup de vocable
Quand je songe au passé, aux frimas.
Les moteurs des bateaux sont relevés,
Trois mâts nus piquent l’air au parfum
De houle, les coquillages sont embaumés
Par les algues qui sèchent sur le sable fin.
II
Il y a un parc éolien marin,
En face de moi à la pointe du Croisic.
Ce sont de grands mâts et trois paladins
Essaient de tourner, sans vent ça fait chic.
Deux ou trois voiliers passent devant,
Malgré le peu de vent, leur voile est poussée,
Mais les pâles ne tournent pas pourtant ;
Elles se perdent dans l’horizon bleuté.
Quelques pêcheurs perchés sur les à-pics,
Trament leur lancer et leur fil
Se perd quelque part dans l’eau élastique,
Tandis qu’un avion là-haut se profile.
Les éoliennes sont comme des présences,
Sans but, elles ressemblent à des totems,
Une plateforme encore plus loin ambiance
Cette inertie électrique pour des lignes internes.
Un paddleur traverse lentement ce paysage.
Je compte soixante-dix-sept éoliennes.
Un ancien fort est devenu sage,
Devenu hôtel fermé à la clientèle.
III
Sur la plage, les gens prennent le soleil.
Il y a des rochers dans l’eau.
Cela semble difficile de se faire la belle,
Quelques téméraires se baignent la peau.
Poème écrit par
Sébastien Bidault
Impressions en trois temps au Croisic
Tous droits réservés © Poème posté le 08/09/2026 par Sébastien Bidault
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