Droit au but !
Un beau soir, à la brune, une étoile de mer
Sur le fond, allongée, aperçut un éclair ;
Lueur dont le sillon, fugitif et vivace,
Venait de l’au-delà de l’eau de la surface.
« Il te faut faire un vœu ! C’est le ciel qui l’écrit.
Exprime le souhait qui te vient à l’esprit. »
Lui conseille un dormeur qui, connaissant la grève,
Sait qu’en cette clarté vagabonde le rêve.
« Ô destin ! j’aimerais courir les océans,
M’affranchir de l’espace et m’affranchir du temps,
Rencontrer rois et dieux, Poséidon, Neptune,
Voir la Terre de loin et son bleu de la Lune,
Je voudrais, comme étoile, exister dans le ciel,
M’enivrer de nectar, d’ambroisie et de miel,
Transpirer de bonheur, vivre cent fois ma vie,
De tous être priée et de toutes bénie ;
Je désire ardemment être instruite en futur,
Savoir le vrai du faux et le clair de l’obscur,
Qu’on me donne en secret l’élixir de jouvence,
La gloire, la beauté, la corne d’abondance,
Une lampe à génie, un immense trésor,
La baguette magique, et que ne sais-je encor,
Et surtout, Ô destin ! je voudrais que l’Ohème*
Dans le championnat fasse mieux que deuxième. »
« Allons, dit le dormeur, il te faudra choisir ;
L’étoile, c’est sa loi, n’accomplit qu’un désir ! »
« S’il faut donner crédit à la lueur céleste,
Alors, premier l’OM, et je me fous du reste ! »
