Sous les micocouliers
Le jardinier talonne
La masse éparpillée
des feuilles de l’Automne.
Et pousse au caniveau
L’amas de feuilles mortes
Afin que la vive-eau
Tombée du ciel l’escorte.
Avant la pluie, le vent,
Par hasard ou malice,
Se lève en poursuivant
Le fragile édifice
Patiemment amassé
Et d’un œil perspicace,
Là d’où on l’a chassé,
Strictement le replace.
L’homme qui n’a rien vu
De cette impertinence,
Aura, à son insu,
L’engrais pour récompense.
Malgré le jardinier,
Par une anamorphose, *
Les feuilles en fumier
Feront pousser ses roses.
