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Poème écrit par Inca

Une nuit d'espagne

1
J’ai connu Grenade et son mystère,
la geste mauresque et ballets de gitanes,
qu’un soir, un tremblement de terre,
sauvagement lézarde et profane.

Dans la nuit ,la lune de parchemin
se posait ,sereine ,sur la vasque pleine,
la verdeur des buis se parait de carmin
à la bouche de ténébreuses Hélène.

Dans la chaleur des nuits , Grenade est belle,
qui exhale son parfum d'orangers exquis,
une brise d'arpèges flotte dans les ruelles,
et le soupir des neiges des monts endormis .

Puis sont venus des astres noirs voilant la lune,
les rios secs écument charriant l’ire ibère,
les oliviers tordent leurs bras d’infortune
et l’ocre colline dévale en un flot délétère.

Au Sacromonte s’éteignent les forges,
les gitans du ciel craignant le feu,
de Cante Jondo s’épuisent la gorge,
en priant que le déluge se calme un peu.

J’errais longtemps entre les patios déserts
où les fêtes de la Vierge étaient célébrées,
Gitanes en Amazones, pénitents au rosaire,
fandangos et sevillanas qui les faisait vibrer

au même compas , au même zapateo
au tablao enfumé où danse la fleur de Solea.
Derrière un pôt de sangria, un petit tableau
où l’on voit, rêveur, le poète Garcia Lorca .

J’ai aimé retrouver là ,l’âme du Romancero Gitano
mais la terre , pura tierra repujada ,qui tremblait
me pressait de quitter l’arène où venait un toro
hagard sur la piste d’ocre , tout ensanglanté.

Le torero avait sombré dans les entrailles de la terre.
Je n’irai plus aux arènes, les tribunes sont tombées,
et maintenant entre les ruines des souvenirs où j’erre
il monte les bleus de l’âme en petite fumée.

Tous droits réservés © Poème posté le 29/08/2026 (modifié le 30/08/2026) par Inca

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