Mettre sa maison dans la clé,
et la poser sur la terre, derrière l'arbre,
au fond du jardin, qui ne fait plus aucun bruit.
Juste le feulement d'une rose qui lève la tête.
Toutes les routes ferment leur porte.
Tout ce qui a été dit est de plumes.
L'imaginaire s'octroie quelque temps de repos,
vaincu par la veine asséchée.
Nous ne sommes, les uns contre les autres,
qu'un ressac démultiplié.
Nous remplaçons les morts qui ont bien vécu,
l'immobilité posée sur leur marbre.
Au bout de la fraîcheur, rien de neuf.
Nous n'inventons que l'ancien qui en grignote la moindre parcelle.
Où gît l'espérance ?
La passion dénude son corps
qui fait du feu des étincelles de feuilles,
de danse et d'or.
Comment pourrais-je composer quelques vers à l'habit neuf ?
Tous les autres se sont assis avant moi.
Les lettres tournoyantes vomissent.
Trop utilisées. Sans nom.
Un coup d'épaule affinera l'inutile.
Même l'à-peu-près clôt son univers.
Le vide n'a plus de place,
et je crie, le vent dans la bouche.
Quel espoir me laisse-t-on
dans ce vœu pieux ?
Rares sont les mots qui ont un Dieu
sur le dos.
Rares sont les mots qui ont sur le dos
le cœur d'un Dieu.
La rose mourra dans son jardin urbain,
la tête évadée.
Dernière invention du poète.
