Nos pères sont partis et leurs pères aussi
ils ont pris la route par force
et parfois par dépit
A toutes les époques l'espoir a fleuri
sur la terre sous les cieux
et souvent dans les cris
Et que dire des mères restées au pays ?
que dire de leurs attentes
et de leurs tout-petits
Qui viendra annoncer une fin de partie ?
Toutes les peurs qui les hantent
ou un visage ami ?
De collines arides ou de villes meurtries
D'une région à l'autre
De territoires conquis
De jour comme de nuit
en un monde desséché
mais sans jamais fléchir
Les marques de l'exil résistent
elles sont dans les esprits
de ceux qui n'oublient pas
Encore et pour longtemps il y a des routes
par lesquelles des pères partent
à l'arrivée ce sont nos frères
Et tous ceux qui viennent à nous
espèrent être accueillis
comme nous l'avons été
En vérité un peu mieux
car il nous faut honorer
quelques dettes au passage
C'est un défi sans faille
que pose l'impermanence
nous passons ici-bas
Pour laisser à ceux qui arrivent
l'héritage du lieu
qui nous a nourri
Et quant aux orgueilleux qui se veulent d'ici
qu'ils se bercent en solo
de leurs piteux mensonges
Nos pères sont partis et leurs pères aussi
ils ont pris la route par force
et parfois par dépit
Dans toutes les directions et vers tous les pays
installés à bon port
ou certains en corps morts
Poème écrit par
Jean-Louis VASSALLUCCI
Vers libres
Tous droits réservés © Poème posté le 01/08/2026 par Jean-Louis VASSALLUCCI
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