J’aurais, dis-donc, bien avant de naître,
Dû voir venir, ou me méfier ;
Plutôt, passant la porte, scier
De l’arbre neuf ce long rameau maître !
Et si j’avais, déjà vers cinq ans,
Su que perdant pour deux fois ma bouche,
J’eusse lâché, temps chiche, temps louche,
Toute ma niaque, aurais-je mes dents ?
Si j’avais cru qu’à grimper l’if traître,
Tout son poison m’entrerait dedans,
J’aurais boudé les branches du temps,
Gardé fermé l’huis de ma fenêtre.
Que j’étais niais ! d'ainsi dénier
Au Nautonier le droit qu’il me touche
Pour, ne mangeant qu’au pain de ma huche,
Pendre Judas pour chaque denier !
Malgré, d’Augias toute l’incurie,
Moi, j’étais pas le mauvais cheval !
(M’accule, Hercule, à fuir par le val)
J’étais grand feu ; me voilà scorie !
Mythologie, avec mon passé,
Ton grand récit mélange l’image ;
Il eût fallu que je sois plus mage
Pour que Phénix n’en fût pas lassé !
Pégase, en haut, loin de l’écurie,
Fait, du génie, un tout déplacé,
Hélas ! Laïs, me suis prélassé ;
Fermé le ciel ! de cette curie.
La rage, en friche, est figée à l’âge
Où l’effigie était un serval !
Mais ma grimace, à ce carnaval,
Est le pendant de quand j’étais page…
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