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Poème écrit par Porphyre

Roman Amor

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Je rêve chaque nuit d'un fleuve à peine né
Où nage isolément la naïade Créuse
Et où, abandonnant Fontaine-de-Vaucluse,
Dans la Sorgue limpide elle engendre Daphné.

Alentour d'Avignon les ménestrels s'amusent
À romancer la vie d'un des leurs : un damné,
Qui, idiot qu'il était, ce chanteur pimprené,
Suivit la nymphe à l'eau. — Moi, je chante ma muse

Avec les mots qu'il faut, mais toujours en perdant
La splendeur de ses yeux, l'harmonie de ses dents,
Le parfum de son cœur dans ma geste et mon verbe ;

Je dépeins sa pâleur peu à peu qu'elle vient,
Je l'écris longuement et, d'un coup, me souviens
Que les romans d'amour me foutent tous la gerbe.
À Olympe,
Montfrin, le 21 juillet 2026

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Dans une version différente, "ma geste et mon verbe" deviennent "mon verbe et ma geste", d'où la chute "me sont tous indigestes" au lieu de "me foutent tous la gerbe".

Tous droits réservés © Poème posté le 29/07/2026 par Porphyre

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