Photo de Anne28
Poème écrit par Anne28

Les odeurs qui changent

2
Les odeurs, ces petites mémoires qui sentent bon
et qui rappellent ce que t’as fait la veille
ou il y a plusieurs années.

Tu sais, les odeurs,
c’est un peu comme un grand livre :
tu tournes les pages et tu respires,
et le destin, la vie, nous les envoie.

Ça commence souvent par pas grand-chose :
un souffle, un truc qui sent fort,
un courant d’air, un parfum venu d’ailleurs,
une odeur de renfermé ou de peinture.
Et pourtant, tu te dis :
« faut que je nettoie tout ça ».

Ça te ramène à un endroit où t’as passé tes vacances,
à quelqu’un que t’aimes encore et qui a refait sa vie,
ou à quelqu’un que t’aimes plus…
voilà un relent d’amer.

Y’a l’odeur du café,
tous les matins le rituel,
qui dit : « allez, on va voir si ça s’arrange »,
même quand t’as rien demandé
et que ça te tombe dessus.

Y’a l’odeur de la mer,
celle qui colle aux rues et au quartier,
mélange de sel, de vent, de trottoirs mouillés,
un parfum qui dit : « ici, c’est le Sud ».
Ça change…
Mon Dieu, avant il y avait la boucherie Étienne,
rue Franchipani.
Maintenant, il y a quoi…

Y’a l’odeur des gens que tu connais pas,
celle qui reste parce que t’as gardé son t-shirt tel quel,
celle qui s’accroche à un souvenir, à des moments,
celle qui te serre le cœur
et que tu sais qu’aujourd’hui, il s’en fout.

Une odeur peut aimer, passionnément ou faire semblant.
Une odeur peut blesser,
et c’est aigre, acide, comme un vieux fruit pourri.
Une odeur peut ramener
ce que tu as essayé d’oublier.

Y’a l’odeur des colères,
des peurs, des déceptions,
qui pique les yeux,
qui te fait chialer parce que t’as encore raté.

Et puis l’odeur des joies,
celle qui sent le soleil,
les rires avec les copains,
les bras ouverts,
les moments où tout est simple.

Y’a l’odeur des maisons, des endroits :
chaque porte a son parfum,
chaque vie a ses saveurs.

Chez certains, ça sent la paix, la musique, le bonheur.
Chez d’autres, ça sent l’histoire, le vécu, les regrets.
Chez toi, ça sent l’artiste.

Et puis y’a l’odeur de la nuit,
celle qui enveloppe,
celle qui te console,
qui apaise,
qui calme tes pensées trop bruyantes.

Les odeurs, c’est des messages sans mots,
des lettres invisibles,
des confidences qui passent par le nez
pour toucher le cœur.

Moi, je dis que les odeurs,
c’est la mémoire des choses.
Elles racontent les événements, les peines,
elles gardent, elles aiment qu’on les regarde,
elles reviennent pour te tendre la main
ou quand on aurait préféré qu’elles s’éloignent.

Les odeurs,
c’est le temps qui survit.

Et toi, la vioque,
t’es de ces personnes qui sentent un peu le mauvais,
qui sentent le rance,
qui sentent tout court,
même quand elles ne parlent pas.

Tous droits réservés © Poème posté le 29/07/2026 par Anne28

...