La grisaille revêt en tout lieu de l’espace
Mers, rilles et continents, sous l’ébène des cieux
Pas un souffle, aucun son, poussière en camaïeu
Solitaire et figée, recouvrant les deux faces.
Ils jouent émerveillés, laissant partout leurs traces
Deux enfants si patauds, n’en croyant pas leurs yeux
Ils bondissent légers, dans ce jardin sans dieux
Seuls sur ce monde vierge, observés par la masse.
Sous un clair de Terre, ce fut un petit pas
Gigantesque pourtant, auquel nul n’échappa
L’humanité enfin avait quitté son œuf.
Exploit déjà si vieux, marquant depuis l’Histoire
Vingt-et-un juillet mille-neuf-cent-soixante-neuf
Les hommes regardaient, n’avaient plus peur du noir.
