Je n'ai pas reconnu
la rouille qui priait sous ton front.
Je l'ai prise pour une lueur,
pour un éclat de fatigue,
alors qu'elle apprenait déjà
la forme de ton silence.
Tes sourires portaient des faux papiers.
Ton rire, lui, boitait jusqu'à moi,
et je l'appelais encore la vie.
Ton costume était trop droit
pour un homme qui tombait depuis si longtemps.
Tes lèvres saignaient contre tes propres dents,
comme si chaque mot refusé
devait mourir avant de naître.
Je me souviens du bruit de cette porte.
Du chant insupportable de tes ongles
sur le dernier morceau de monde.
Puis il y eut tes paupières.
Elles ne se sont pas fermées sur toi.
Elles ont fermé le monde derrière elles.
Et c'est seulement à cet instant
que j'ai compris le visage du repos.
Il ressemblait trop au tien.
Pardonne-moi.
Je n'ai jamais vu
ce morceau de métal grandir dans ta tête.
Je croyais qu'il s'agissait d'une pensée,
d'un hiver,
d'une nuit un peu trop longue.
Je n'ai compris que lorsque le sang
s'est mis à donner raison au silence.
Pardonne-moi d'avoir attendu que l'irréel
devienne assez lourd
pour tomber dans nos mains.
Pardonne-moi d'avoir cru
qu'un homme pouvait mourir longtemps
sans jamais disparaître.
Et lorsque le métal est enfin devenu réel,
j'ai compris qu'il l'avait toujours été.
Le mensonge, lui,
c'était mon regard.
Poème écrit par
Chorniyburshtynova
Pardonne-moi, ami
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Tous droits réservés © Poème posté le 21/07/2026 par Chorniyburshtynova
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