Quand je glisse mon corps dans le miroir,
le vent d’été fait frémir les feuilles du faux jasmin.
Tendant la main vers le café posé sur la table,
je regarde au-dehors :
un navire voyageur
flotte dans les trouées des nuages,
les gens,
sans même porter de scaphandre,
marchent dans cette mer
qui vacille dans les airs.
Une baleine captive
dans une immense cage de verre
scintille
au cœur d’une étoile lointaine.
La voûte céleste est aspirée
dans le miroir du miroir,
teignant les alentours d’azur.
Les voix des créatures
deviennent des formes transparentes
qui tombent
comme une neige d’été.
Dans un jardin verdoyant,
une jardinière fauche l’herbe,
se penche sur le bassin,
fixe ma chambre
reflétée dans le miroir de l’eau.
Pareils à des aiguilles,
les rayons du soleil
ont déchiré la vérité cachée
au revers du temps et de la lumière.
