Les bonnes confitures, les gelées,
Le pain grillé enduit de beurre fin,
La fragrance diffuse du café
Sur le poêle à bois, bouilli dans un coin.
Longeant les bois et les petits ruisseaux,
Sans jamais que les parents ne s’affolent,
Nos cartables harnachés sur le dos,
Nous courions tout seuls pour la grande école.
Qu’on habite une ville ou un village,
Qu’on foule terre bitume ou cailloux,
Nous rejoignions des amis au passage
Qui bouts de chemin faisaient avec nous.
Jusqu’au crépuscule bien avancé
Nous traînions l’été, jouant dans la rue,
Sachant très bien ce qui nous attendait
Si on osait pousser jusqu’à l’abus !
Pas de smartphone greffé à la main
Tablette ou internet à la maison,
Juste en noir et blanc, surgi un matin,
Le captieux poste de télévision.
Pas d’autre écran, d’incessants sms,
Mais les histoires et tant de chansons,
Les embrassades, rires et tendresse
Du bel et jeune âge que nous avions.
Les jours suivant les jours étaient parfaits :
Les dévorant sans hâte de grandir,
Sans penser au temps qui pourtant passait,
Nous répondions présent à l’avenir.
Les souvenirs sont encore limpides...
Nous avions peu et nous en contentions,
Le cœur débordant et les poches vides,
Nous étions heureux... mais ne le sachions.
