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Poème écrit par Gruaur

L'oiseau de nous naissant (triptyque)

Gentil cœur, petit feu

Gentil cœur, petit feu, picotant comme un sucre
Mielleuse acidité d'un amour doux et bon,
Nous n'abandonnerons, dansons de bond en bond,
Dans ce beau paradis grand ciel que l'on sur-sucre

Pulpe affolée au vent sous la fleur l'involucre
Jusqu'à ma bouche, enfin — volant comme un bonbon —
L'oiseau de nous naissant ; de nous deux vagabond,

Nos involus sommeils, transformés en volucre

Chaud le buant soupir, pluie ; étoile invisible
Belle abeille adorée, aimons tout le possible,

Au seul mot courageux symbole inscrit d'un dard

Gentil cœur, petit feu, naïf et séduisible
Jusqu'à ma bouche, enfin — avenir illisible —
L'oiseau de nous naissant fondé de vie et d'art.


Pour y brûler tes lèvres

Tu veux croquer mon cœur pour y brûler tes lèvres
Aux cotés de la pluie un amour pétillant,
Soulevons ce citron sous le vent scintillant,
Nous trois : toi, moi et l'eau, vivons nos bonheurs mièvres


Nous devinant l'amour, rafraichis par nos fièvres,
Larme-en-ciel chamarré charmant et chatouillant,
Tout ce monde en nous est aussi doux que brillant,
Nous mignons comme un brin avec nos fleurs orfèvres

Au matin la fraicheur nuançant la vieillesse,
La légère harmonie allégresse et liesse,

Approchons nos lions, nos cotons, nos velours

Tout ce monde en nous est empli de gentillesse
Aux cotés de la pluie ouragan de tendresse,
Au matin la fraicheur offre un début aux jours.


L'avenir illisible

Si l'eau prévoit l'humain, que fera t'il demain ?
Sang, cœur, chutant du ciel s'écrasant sur la pluie

Reflets de nos regards, nichés depuis la fuie
D'où s'envole un amour vers un joli chemin


Jusqu'à tomber du nid, ce liquide inhumain
Vient remplir les étangs, la main tenant la buie,

La nuit le lac devient de mort, d'ombre et de suie,
Matin et soir pareil qu'encre avec parchemin


Nous tous déliquescents formons le flot, le vent,
Revenants infinis ; mort-vivant, survivant

Nous pleurant pour toujours ; fin, deuil, ruine abstraite

Reflets de nos regards en le miroir d'avant,
Vient remplir les étangs l'oiseau l'engoulevent
Nous pleurant pour toujours, sortant la larme extraite.
Cœur citron, Coté pluie.

Tous droits réservés © Poème posté le 17/07/2026 par Gruaur

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