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Poème écrit par Gonzague

Gladiateur

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Gladiateur

Je suis né esclave, même pas une personne
Une chose dotée de parole, une marchandise
Mon maître a tous les droits sur moi, moi aucun
Je ne possède rien, je ne suis qu’un simple outil

Je me suis rebellé contre son abusive autorité
Mais que pouvais-je faire, j’en ai payé le prix fort
J’étais fort, il aurait pu me tuer, il a fait un autre choix
Il m’a vendu à un laniste, un recruteur de gladiateurs

Exposé sur un marché, examiné comme une bête
J’ai intégré son école et prêté un serment sacré
A être brûlé, enchaîné, battu et tué par le fer
Nouvelle recrue dans le Ludus Magnus de Rome

J’ai appris le maniement des armes par des entraîneurs
Tenu le rudis, l’épée en bois contre le poteau appelé palus
Avec ma morphologie, je suis devenu naturellement un secutor
Les autres combattants étaient des rétiaires ou des mirmillons

J’étais une machine de spectacle, vouée à mourir dans l’arène
Avant de franchir le vomitorium, ce couloir menant à la piste
J’éprouvais un choc de sensations et d’émotions contraires
Je n’étais pas prêt à mourir pour divertir une foule hurlante

Cette angoisse absolue de la mort ou de la mutilation
Nombre de mes compagnons ont préféré le suicide
Que de supporter pour eux cette perspective intolérable
J’ai rejeté ce choix, je n’ai eu qu’un seul objectif, survivre















Mon stress se traduisait par une concentration totale
Une focalisation nerveuse sur les gestes appris mille fois
Je devais bloquer ma peur et laisser place aux réflexes purs
Et j’ai marché vers le sable, le tumulte extérieur, mon destin

Derrière mes deux orbites de fer, j’observe mon adversaire
Son filet s’abat, racle mon casque lisse et glisse sur lui
Je charge, je jette tout mon poids contre lui, le choc est massif
Son trident percute mon bouclier, il éclate sous la pression

Je réduis l’espace, je le coince, un corps-à-corps brutal
Je plonge mon glaive court dans le flanc, jusqu’à la garde
Il fouille la chair, pénètre un organe, ses yeux chavirent
Son sang gicle, il s’effondre, vidé, le public jubile, vae victis

J’affronte un second combattant, je le défais facilement
Son corps gît au sol agonisant, je lève mon bras vers la tribune
De l’empereur, j’attends le verdict officiel pour agir
Dicté par la foule et le magistrat, la grâce ou la mort

Le public réclame la jugula, je dois exécuter la sentence
le vaincu doit tendre son cou, j’enfonce ma lame verticalement
De haut en bas dans la gorge juste derrière la clavicule
Pour atteindre le cœur d'un seul coup net, c'est l'exigence du ludus

Je n’ai pas aimé achever ce frère d’armes, je retire mon épée
Je salue les gradins sous les clameurs et la musique des cors
L’arbitre me remet une palme de victoire, j’aurais préféré
Une couronne, une somme d’argent sur un plateau d’argent

Mais l’ultime récompense recevoir la fameuse rudis
Le glaive de bois, pour un ultime combat libérateur
Les esclaves de l’arène le traînent vers le spoliarium
Je franchis la Porta Sanavivaria et je retourne dans le Ludus

Tous droits réservés © Poème posté le 08/07/2026 par Gonzague

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