Céleste
2
Qui dira la souffrance
Qui nous gagne à l’oubli
Quand le coeur lourd faiblit
Quand fane l’espérance
Que le genou se plie
Que la grâce s’élance
Qui peut dire à l’avance
Comment la Mort supplie
L’enfant de la rejoindre
Quand l’aube feint de poindre
Qui peut dire à la fin
Quand apparaît bancroche
La gueule de la Faim
C’est à la mort d’un mioche
*
Ma soeur tu seras morte
Sans que je t’aie connue
Qu’est-il donc advenu
Pour que l’on te rapporte
Cyanosée de la sorte
Dans un linge blanc nue
La main qui t’a tenue
Ma soeur et qui te porte
Je l’ai connue On doit
En vivant voir ses doigts
Sur son épaule Au reste
Elle t’a racolée
Nous t’aurions appelée
Certainement Céleste
*
Au reste grandissez
Par les voies du Seigneur
Et gagnez votre honneur
En rentrant au lycée
Voilà ce que disait
Au théâtre Elseneur
Monsieur Jean Le Veneur
Pour tout dire il jasait
Cela fonctionna presque
Pour oublier ta fraise
Que nous avions perdue
Puis une nuit d’octobre
En repassant tes robes
Revinrent tes pleurs tus
*
Mon enfant tu ne fus
Au monde que deux heures
Tu ne nous vis ma soeur
Pas plus que l’on t’a vu
Qui sait quel maudisseur
D’un mouvement confus
Tira un plomb diffus
Pour tacher ta lisseur
Peut-être aurais-tu pu
De ta bouche lippue
Nous babiller un verbe
En attendant je crois
Malgré toutes nos gerbes
Qu’on n’entend que ta croix
Loin dans l’herbe
Qui nous gagne à l’oubli
Quand le coeur lourd faiblit
Quand fane l’espérance
Que le genou se plie
Que la grâce s’élance
Qui peut dire à l’avance
Comment la Mort supplie
L’enfant de la rejoindre
Quand l’aube feint de poindre
Qui peut dire à la fin
Quand apparaît bancroche
La gueule de la Faim
C’est à la mort d’un mioche
*
Ma soeur tu seras morte
Sans que je t’aie connue
Qu’est-il donc advenu
Pour que l’on te rapporte
Cyanosée de la sorte
Dans un linge blanc nue
La main qui t’a tenue
Ma soeur et qui te porte
Je l’ai connue On doit
En vivant voir ses doigts
Sur son épaule Au reste
Elle t’a racolée
Nous t’aurions appelée
Certainement Céleste
*
Au reste grandissez
Par les voies du Seigneur
Et gagnez votre honneur
En rentrant au lycée
Voilà ce que disait
Au théâtre Elseneur
Monsieur Jean Le Veneur
Pour tout dire il jasait
Cela fonctionna presque
Pour oublier ta fraise
Que nous avions perdue
Puis une nuit d’octobre
En repassant tes robes
Revinrent tes pleurs tus
*
Mon enfant tu ne fus
Au monde que deux heures
Tu ne nous vis ma soeur
Pas plus que l’on t’a vu
Qui sait quel maudisseur
D’un mouvement confus
Tira un plomb diffus
Pour tacher ta lisseur
Peut-être aurais-tu pu
De ta bouche lippue
Nous babiller un verbe
En attendant je crois
Malgré toutes nos gerbes
Qu’on n’entend que ta croix
Loin dans l’herbe
À ma sœur mort-née,
Villeneuve, le 3 juin 2026
Villeneuve, le 3 juin 2026
