J’ai rêvé…
J’ai rêvé, plus d’un demi-siècle,
Plus fou qu’avec l’ergot de seigle,
D’une aventure, dont le cycle
N’aurait ni de fin ni de sigle !
Tout désir m’habite l’esprit ;
Si l’espoir me pointe à l’écrit
C’est que rien du corps ne s’aigrit
Quand le cœur d’un charme s’éprit…
Enfants, noyez tôt vos envies,
Ainsi vos âmes ensauvées
De n’être jamais assouvies
Dormiront au cocon – lovées !
Biches ! Chastes mères des daims,
J’ai souvent douté de mes dons :
- Vite édenté, mordre aux édens ;
Gageures de jeux transcendants…
Mais si j’ai tenté bien des frasques,
Je n’ai pas peint d’ignobles fresques,
Puisqu’à mes jeux toujours fantasques
J’ai banni force mœurs grotesques !
Ces chemins, d’embûches semés,
Prendront fin, qu’on ne pût s’aimer ?
Quels espoirs furent décimés,
Futur, qui firent essaimer
Tant de sphères imaginaires
Peuplant les immensités noires
De l’absence assise aux mémoires,
Par nos mystérieux magistères ?
Plus fou qu’avec l’ergot de seigle,
D’une aventure, dont le cycle
N’aurait ni de fin ni de sigle !
Tout désir m’habite l’esprit ;
Si l’espoir me pointe à l’écrit
C’est que rien du corps ne s’aigrit
Quand le cœur d’un charme s’éprit…
Enfants, noyez tôt vos envies,
Ainsi vos âmes ensauvées
De n’être jamais assouvies
Dormiront au cocon – lovées !
Biches ! Chastes mères des daims,
J’ai souvent douté de mes dons :
- Vite édenté, mordre aux édens ;
Gageures de jeux transcendants…
Mais si j’ai tenté bien des frasques,
Je n’ai pas peint d’ignobles fresques,
Puisqu’à mes jeux toujours fantasques
J’ai banni force mœurs grotesques !
Ces chemins, d’embûches semés,
Prendront fin, qu’on ne pût s’aimer ?
Quels espoirs furent décimés,
Futur, qui firent essaimer
Tant de sphères imaginaires
Peuplant les immensités noires
De l’absence assise aux mémoires,
Par nos mystérieux magistères ?
