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Les Amants Et L’Argenterie

Sur la nappe blanche, l’argent scintille,
Le Couteau s’incline, il n’est pas une faucille,
La Fourchette affine ses dents et se maquille,
Prête pour le bal où le cristal pétille.

Ils se croisent au bord de la fine faïence,
Lame de feu pour lui, elle, cœur de métal,
Dans les mains d’amoureux qui, en pleine jouissance,
Se régalent de tout dans un calme royal.

Sous les draps de coton comme au fond du tiroir,
Les corps s’entrelacent, l’acier, s’abandonne,
On ne sait plus lequel, dans l’éclat du miroir,
De la main ou du manche, au plaisir se donne.

L’eau lave les péchés dans le fracas du soir !
Tandis que les amants rincent leur peau brûlante,
L’acier, au lave-vaisselle, s’oublie dans le noir,
Dans un choc de métaux sous l’écume bouillante.

Les amants se sont dit un adieu éphémère,
Sans jamais un regard, sans un pas en arrière.
Mais de l’acier brûlant, dans un flux de lumière,
Et… née, une toute petite Cuillère.

© Poème posté le 04/05/2026 par Estehesse

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