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Des routes à prendre ou à laisser

Puisqu’il faut, quoiqu’on fasse, un jour passer la rampe,
Et emboiter le pas, pas trainant ou hâté,
Du passeur effacé, dont clignotait la lampe,
Qu’on craignait, que l’on fût bigot, diacre ou athée.

Puisque trottent les aiguilles, que le temps est compté,
Les projets avortés, l’échéance avancée,
Que le Big Boss balaie les créances escomptées,
De cette évanescence, quelles traces veut-on laisser ?

Veut-on la dépenser comme un chèque énergie,
Glisser sur ses salades, ainsi qu’un escargot,
Ergoter sur son sens, gaspiller le magot,
Etre, dès ses prémisses, dans sa douce nostalgie ?

Si c’est un feuilleté, que nuance chaque bouchée,
Toute en plaques tectoniques et en strates mémorielles,
On peut, en isolant les mélodies sérielles,
Dire les bosses caressées, les intérêts touchés.

J’ai la main…qui dévoile l’éventail du tarot,
Les cartes sont tirées, faites vos jeux, messieurs dames,
Engagez la bataille, retournez-les, et dame !
Qu’en racontent l’as de pique ou le roi de carreau ?

La première de cordée d’un scénar’ au cordeau,
Qui vivote dans les mailles d’un boisseau angoissé,
Film dossier classé, Boisset cadenassé,
Epingle inquiète extraite d’un jeu de mikado ?

Une estampe japonaise dont les pastels s’estompent,
Qui, au chaland sourit, geisha en kimono,
Lisible en apparence, simple pourtant ne trompe,
Son masque impassible d’habile acteur de nô.

Une trainée de poudre, qui brula ses vaisseaux,
L’audace d’un Picasso, munificent tableau,
Eclaboussure baroque, furieux coup de pinceau,
Crépitante mitraillette, salve d’un Don Pablo ?

L’important est qu’en content, les convives attablés,
Vin mousseux et sablé, conversations bateau,
Les légendes qu’ils impriment dans des albums photos
Qu’ils fassent mousser nos fautes, que nous évoque le blé.
Le titre est tiré de la chanson d'Alain Bashung "Le secret des banquises"

Tous droits réservés © Poème posté le 05/03/2026 par Deshaiessaintes

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