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Par delà les tempêtes

« J’attendrai, le jour et la nuit,
j’attendrai toujours, ton retour... »
Rina Kitty


Mon tendre époux ! Érèbe assassin, de sa régicide obscurité, colore mes jours à t’attendre,

Attendre dés lors ton retour de la grande Troie conquise, m’est devenue insupportable.

Insupportable du souffle d’Oréade, ta mort prétendue l’est aussi, opportune et chérie,

Chérie, aux yeux d’impétueux galants, prétendants avides, coureurs d’un trône désormais oisif.

Oisif, à l’instar d’un fils orphelin mendiant les années guerrières de son père, absentes et cruelles,

Cruelles et dangereuses aussi, tant on me guigne depuis en perfides épousailles.

En épousailles avec un autre ? par Héra ! serait un blasphème envers ma foi toute fervente,

Fervente mais cependant si fragile car de mon astucieuse ruse, j’ai peur d’être démasquée.

Démasquée, trahie ! telle Arachnée tissant sous le joug de Minerve, son propre linceul,

Linceul que je trame le jour et défait chaque nuit, de ses fils écorchés, dorénavant dépendent ma vie.

Ma vie suspendue à mes doigts dans ce labyrinthe brodé de solitude,

Solitude de l’enfer, à travers ses flammes pourtant je t’espère toujours, toi ! Ulysse mon amour.

Mon amour, mon valeureux numphios, où es-tu ? reviens-moi ! je t’en supplie.

Ta fidèle Pénélope
Poésies oubliées que sont les héroïdes et les anadiploses.

© Poème posté le 02/03/2026 par Jacques Marcel Favre

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