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Juste à côté
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Ce n’était pas trop.
C’était à peine…
Juste une proximité trompeuse,
une distance infime,
impossible à combler
sans tout briser.

Alors on continuait ainsi,
avec méthode, comme un sursis.
En équilibre sur ce fil étroit
où l’on est presque… presque…
mais jamais là.

L’amour respirait encore,
mais rien ne tombait juste.
Les gestes arrivaient
un peu avant, ou trop tard,
presque toujours décalés.
Comme quand l’un tend la main
et que l’autre est déjà passé.

Les phrases flottaient entre nous,
avant de retomber
sans rencontre.

Le regard glissait sur le monde
sans jamais s’y accrocher,
lisse, irréprochable,
sans dire oui, sans dire non,
comme si choisir
était une audace interdite.

Même les corps savaient.
Ils se frôlaient sans se rejoindre,
l’élan retenu,
se croisaient dans l’ombre,
portant une faille infime
comme une seconde peau.

Des possibles se devinaient.
On pouvait presque les voir respirer,
mais on ne touchait à rien.
On faisait juste ce qu’il fallait
pour habiter l’espace sereinement.
On le faisait bien, trop bien,
comme entre parenthèses.

Rien ne manquait vraiment.
Et c’est là que tout se jouait.
Pas de disputes, pas de reproches.
Seulement cet écart invisible,
si mince qu’il semblait inoffensif,
si vaste qu’il nous enfermait.

Dans ce "juste-à-côté",
presque assez près pour le sentir,
trop loin pour agir.
Cette distance infime,
impossible à combler
sans tout bouleverser.

© Poème posté le 02/03/2026 par Viemartienne

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