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L’amour ou l’espoir ?
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On dit qu’aimer,
c’est apprendre à lâcher prise,
ne jamais garder l’autre sous emprise,
accepter même de regarder partir
celui ou celle qu’on voudrait retenir,
et prononcer, sans arrière-pensée ni coup bas
« Sois heureux… sois heureuse…
et que Dieu guide tes pas. »

Mais alors,
qu’est-ce qui fait le plus mal ?
Est-ce l’amour,
lui qui nous pousse vers l’inconnu,
qui nous incite à nous mettre à nu,
pour finalement laisser
le goût amer d’une histoire mal vécue ?

Ou est-ce l’espoir,
ce fil invisible
qui nous attache encore et encore,
nous empêchant d’ouvrir les yeux
sur ce qui déjà s’efface ?

On dit que l’amour est noble.
Qu’il sait se sacrifier.
Qu’il refuse de maudire le bonheur de l’autre,
même si ce bonheur
ne porte plus notre nom.

Mais l’espoir…
L’espoir est plus têtu.
La nuit, c’est lui qui chuchote :
« Et si ce n’était pas terminé ?
Et si demain tout pouvait recommencer ? »
Alors on se raccroche
à des images fragiles,
à des souvenirs que l’on serre
comme un mendiant contemple,
au fond de sa sacoche,
ses dernières pièces.

On attend.
On patiente.
Parfois comme un fou.
Parfois comme une folle.
Et la question revient,
Encore

Est-ce égoïste d’espérer ?
Peut-être que l’égoïsme
serait d’exiger le retour.

Mais espérer…
ce n’est pas toujours vouloir posséder.
Parfois, espérer,
c’est simplement ne pas être prêt
à enterrer ce qui nous a, un jour,
fait nous sentir intensément vivants.

L’amour fait mal quand il se brise.
Mais l’espoir fait mal quand il s’éternise.
L’amour est une blessure franche.
L’espoir une putin de cicatrice que l’on gratte
dans l’illusion qu’elle redevienne peau neuve.

Alors, qu’est-ce qui fait le plus mal ?
Peut-être ni l’un ni l’autre.
Peut-être que ce qui déchire vraiment,
c’est l’écart cruel
entre ce qui a été
et ce qui ne sera plus.

Aimer, c’est accepter que l’autre soit libre.
Espérer, c’est refuser que tout soit fini.
L’un élève.
L’autre retient.

Mais si tu espères encore,
c’est que tu as aimé très fort.
Et peut-être que la vraie question n’est pas :
« Est-ce égoïste d’espérer ? »

Mais plutôt
« Suis-je capable d’aimer assez
pour laisser partir
sans me perdre ? »

Car le plus grand courage
n’est pas d’aimer.
Ni d’espérer que passe l`orage.

C’est de continuer à vivre
quand le cœur,
lui,
voudrait s’arrêter.
Ce texte ne juge ni l’un ni l’autre.
Il interroge simplement cette zone fragile entre accepter et attendre.

Si quelqu’un s’y reconnaît, alors ce poème aura trouvé sa raison d’exister.

© Poème posté le 25/02/2026 par Sylvain BABET

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