Le menteur
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Pour être un bon menteur
Il faut de la mémoire
Tel un parfait trompeur
J’ai construit cette histoire.
J’ai écrit sur mon cahier
Des anecdotes notoires
Les illusions sont des vices
Qui creusent le désespoir.
Quand rêver de grande chose
M’auras toujours fait voire
Que le plaisir de tromper
C’est mentir pour y croire.
La vérité à les yeux clos
Le mensonge est d’ivoire
C’est l’occasion d’enjoliver
Le bon sens de l’espoir.
J’hallucine, je divague
En inventant des bobards
Je contourne, je diverge
Je trompe et ça repart.
Le mensonge est bienfaisant
Un placébo de comptoir
Comme tous ses médicaments
Un toc inflammatoire.
Mais la sentence va mordre
Je reste sur le trottoir
Je sens qu’elle va me tordre
Mettre fin à mon grimoire.
Il faut de la mémoire
Tel un parfait trompeur
J’ai construit cette histoire.
J’ai écrit sur mon cahier
Des anecdotes notoires
Les illusions sont des vices
Qui creusent le désespoir.
Quand rêver de grande chose
M’auras toujours fait voire
Que le plaisir de tromper
C’est mentir pour y croire.
La vérité à les yeux clos
Le mensonge est d’ivoire
C’est l’occasion d’enjoliver
Le bon sens de l’espoir.
J’hallucine, je divague
En inventant des bobards
Je contourne, je diverge
Je trompe et ça repart.
Le mensonge est bienfaisant
Un placébo de comptoir
Comme tous ses médicaments
Un toc inflammatoire.
Mais la sentence va mordre
Je reste sur le trottoir
Je sens qu’elle va me tordre
Mettre fin à mon grimoire.
LE MENTEUR, c’est comme si on écoutait un menteur se confesser à voix haute, entre rires nerveux et aveux douloureux. Ce texte, c’est un mélange de cynisme, de poésie et de désespoir, où le mensonge n’est pas juste une tromperie, mais une façon de survivre, une drogue, et en même temps, une prison. Il y a cette idée que mentir, c’est un art. Le menteur, c’est un peu comme un écrivain ou un acteur : il a besoin de mémoire pour tenir son rôle, il "construit une histoire" comme on écrit un roman. Sauf que ses "anecdotes notoires", ses "bobards", ce ne sont pas des fictions innocentes. Elles creusent le désespoir, parce qu’à force de mentir aux autres, on finit par se mentir à soi-même. Le pire, c’est quand on y croit vraiment – "mentir pour y croire". À ce moment-là, le mensonge n’est plus un outil, mais une réalité parallèle, une folie douce qui nous isole. Il y a ce côté addictif du mensonge. Je le compare à un "placébo de comptoir", une drogue qu’on prend pour se sentir mieux, mais qui ne soigne rien. C’est un "toc inflammatoire" – une obsession qui nous ronge, comme une maladie dont on ne peut pas se débarrasser. On ment, on invente, on "enjolive" la réalité pour la rendre plus supportable, mais au fond, on sait que c’est de l’ivoire : beau, lisse, mais froid et artificiel. Le plus tragique, c’est la fin. Le menteur sait que la sentence va mordre. Il se voit déjà "sur le trottoir", exclu, seul, avec ses illusions qui s’effondrent. Le "grimoire" – ce livre de sorts, de mensonges – va être fermé pour de bon. C’est comme si la vérité était un châtiment, une morsure qui ramène brutalement à la réalité.
