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Poème écrit par Deshaiessaintes

De cocktails en Cézanne

Je me promène dans le langage,
Chaussé de bottes de sept lieues,
Je lève le coude, aux bastingages,
Aux lièvres patagons bilieux.

Griot mandingue en fringues Mango,
Les clichés nègres et toubabous,
Mouchés des manches de mon boubou,
Panachent mon blanc de parigot.

Je me gage truffier, un ralouf
Qui s’est frotté le groin aux gueuses,
Ne peut se fier aux vues bigleuses,
Louchant de renifler sa chnouf.

J’établis, marques et distinguos,
Entre cloaques, claques et bastringues,
Mon regard fatigué distingue,
En l’arc en ciel, l’orque indigo.

Ligne bleue des Vosges à bâbord,
Brie bleu coulant sur mes hublots,
Les convenances par-dessus bord,
Duchamp me complète le tableau.

Comme Michaux bichait son mescal,
Que Pedro Pascal chasse la blanche,
J’oppose au supplice de la planche,
Une bonne rasade de Paul Mescal.

« Gardez-moi, le dernier tango, »
Supplie-je Gardel, « j’aime quand tapagent,
La stroboscopie du tangage,
La retape des danseurs go-go."

Saut de puce pour l’humanité,
J’adresse au lanceur de couteau,
D’alertes bises, prends un râteau :
J’ai planté mes humanités.

Sur le pont, depuis le couchant,
Où branle du chef, Monsieur Loyal,
Qui me congédie sur le champ,
Pour être, aux coursives, déloyal.

Sandwichs et iles flottantes de Paul,
Dive bouteille me mènent en bateau,
Grappillant les miettes du gâteau,
J’arrose, de tuyaux, Interpol.

Accrocs, mettent le feu aux guiboles.
Aux cathédrales en allumettes,
Aux miniatures de l’Acropole,
Les trois chatons de la barquette.(1)

Des insolents poissons volants,
Qui osent me voler la vedette,
A prix coutant, acquittent leur dette,
Servant, au mousse, de cerf-volant.

A son râle ouf, le caniche nain,
Postule, royal, à Fort Boyard,
Il délaisse les concours canins,
Où aboya Louis Boyard.

Méluche se paluchant la niche
(Parlementaire), Médor dare-dare,
Rapplique sa paluche de soudard,
Va savoir quels détails s’y nichent.

Ce cabot déterre des dossiers,
Des os à ronger pour la presse,
Sitôt ses reporters me pressent,
Torturent, à tort, mes nerfs d’acier.

Je taille une bavette, d’aloyau,
Au gaillard, gros Jean comme devant,
Fils du dresseur de chiens, savant,
Qui pêche en fissure du noyau.

Ce lièvre des tortues béglaises,(2)
Qui suscite ma réprobation,
Tôt levé, je file à l’anglaise,
Torpille ses considérations.

J’avise, défaillant, Lafayette,
Qu’écrase -dans une marquise, crénom !-
Ecluse, aux cent coups, un canon,
Une larme, un soupçon, une lichette.

Madame, bannie par Steve Bannon,
Comme des ratiches, blanchit son nom,
L’art cynique des cinoques QAnon,
Tourne au grand-duc au cabanon.

Ah le melting-pot des rallyes
Les princesses et Bernard Darniche,
Où le pampre et la treille s’allient,
Je cite Nerval mais on s’en fiche.

Venu pour apporter la Clèves,
Aux plaines d’incultes amerloques,
Amers qu'on ait déloqué Eve,
Légion Etrangère, mes breloques !

Là mon compteur Geiger débloque,
Le front de l’ouest est dégarni,
Thank you for Rock around the clock,
Mais je suis né en macronie.

Gotha Benetton en dreadlocks,
Petits thons et gros tas unis,
Si je claque en clicks mes allocs,
Je touche ma bille en uchronie.

Fouette mes sangs, cocher, postillon,
De mon dada anachronique,
Bave d’Isidore(3) et postillons,
Cafardent le menteur chronique.

M abordant aux rives de l’Hudson,
Sherlock mordant, salive mon lobe :
« Hè le moteur, peuchère, Watson,
C’est ouate de Caroline Loeb. »

Quel Connery ! Décanillons….
L’envie, pressante comme une colique,
Me fait trousser, mélancolique,
Des feuilles de rose aux moinillons.

Noyé sous les informations,
Les pitreries de bas étages,
Pieds de nez rouges aux conventions,
Mon lecteur s’estime un otage.

Le liftier, réquisitionné,
Dont on sonna les doubles cloches,
Interloqué par leur accroche,
Change de pied, un coup dans le nez :

« Z’êtes démasqué, mon salopiau,
Z’êtes une taupe du gang des postiches,
Ressuscitez Roger Borniche,
Qu’il rince nos bouches d’un tord-boyau ! »
(1)Les Barquettes des trois chatons était une marque de biscuits.
(2) Tactique de l'équipe de rugby de Bègles où les gnons volaient bas durant les mêlées.
(3) Traité de bave et d'éternité, œuvre angulaire du surréalisme d'Isidore Isou.

Tous droits réservés © Poème posté le 05/02/2026 par Deshaiessaintes

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