Parfois, la nuit,
la mémoire hurle.
Bête enfermée.
Les murs murmurent
des vérités anciennes.
Des mots
à enterrer.
Il y a des phrases qui coupent.
Des gestes qui brûlent.
Des regards qui ferment.
Des silences
qui tuent.
J’ai porté l’impensable.
La peur sur la langue.
La colère sous la peau.
La haine lente
dans les os.
Dans mes souvenirs,
des cafards.
Ils mangent mes nuits.
Répètent des SOS
effacés par la pluie.
Chaque trauma mord.
Chaque cicatrice
grave le corps.
Je me bats encore.
Contre les échos.
Les ombres du passé.
Contre moi.
Pour ne pas transmettre.
Pour survivre.
Quand la folie
me rejette au chaos.
Je ne veux plus
que ça recommence.
Nulle part.
Pour personne.
Mais ça vit encore.
Sous la peau.
Yeux ouverts.
Patient.
Je cherche une lueur.
Un mot qui tient.
Un geste doux
contre la chute.
Rien.
Je le hais.
Aucun docteur
n’efface
les plaies anciennes.
Trop profondes.
Dans la roche du corps.
Pourtant,
elles prouvent
que je tiens encore.
Que j’existe.
Après.
C’est grave, docteur ?
