Je m’échappe dans l’espace,
Volant très loin, sur les ailes de l’âme ;
L’azur de nuages, passe…
Si bas, le sol perd l’allure d’un drame.
Je monte, obstiné, toujours ;
Aller si haut, n’en redescendre pas,
Récuser les doux retours ;
Route ! Et retors, jusqu’au jour du trépas,
Ma migration impromptue
Dans les éthers - la drogue indécelable -
Mouvement qu’on freine et tue,
Me tirera - j’ai jeté lest et sable !
Mensonge perpétuel,
Gage exact des délices séditieux,
Sous un seul soleil cruel,
Nul jas d'ancre vraie, à l’ocre des cieux !
Ainsi, je peuple le vide,
Et j’ouvre une orée invisible et bleue.
- Mais je suis l’être apatride ;
Sachez l’être ! Au flanc, la rime mal lue
Alourdit l’oiseau qui fend
Les horizons, du tranchant de son bec
Sans savoir qu’il entreprend
Le dernier quart du parsec…
