On ne survit jamais à l’enfance trop heureuse ;
Elle érige en nos pas un mirage écrasant,
Un souvenir doré dont la clarté venimeuse
Consume lentement l’adulte finissant.
La joie d’autrefois, spectrale et orgueilleuse,
Rappelle chaque soir la brièveté du temps,
Et son éclat perdu, tyrannie silencieuse,
Fait du moindre désir un deuil obsédant.
Le cœur se déchire en priant cette sainte,
Mais toute route y va comme on va vers les morts :
Poussière et nuit sans fin où s’achève la plainte.
Car l’enfance trop pure est un sombre désespoir
Où l’âme, condamnée, lutte encor pour exister :
Son trône, hélas, éclaire un monde sans espoir.
Poème écrit par
Guillaume Prevel
On ne survit pas à une enfance trop heureuse
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Tous droits réservés © Poème posté le 25/11/2025 par Guillaume Prevel
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