Ce n'est pas à l'épaisseur d'un livre (ni à celle du vélin de ses pages alourdies de dorures) qu'on peut juger d'un bon ou d'un grand auteur, mais à celle des ficelles qu'il utilise à bon escient pour nous intéresser à ce qu'il raconte.
Prend-on plaisir encore à lire ?
N’en a-t-on pas perdu le goût ?
Pour le bien de sa tirelire,
ça en vaut-il toujours le coût
d’un livre sentant la misère,
sa mine de papier mâché
fleurant de loin son pauvre hère,
avec le goût du jour fâché ?
Le livre ne fait plus recette,
quand pour se vendre son héros
prend un air de fantôme en quête
de quelques malheureux euros.
Il dort, aujourd’hui, dans sa malle
dont on ne trouve plus la clé :
mieux vaut une paix sépulcrale
plutôt que d’être recyclé ;
pour ce qu’il nous met dans le crâne,
échappant, Dieu merci, au feu
tandis que, déjà, l’hiver flâne,
cherchant à se chauffer un peu.
...
LIRE
10 euros, frais de port compris !
On ne vit pas de l’écriture,
quand se recycle, en tas d'ordure,
le papier voué au mépris.
Pour ce qui, ouvrant les esprits,
participe à une culture,
une broyeuse a la dent dure :
ne vaut rien le livre de prix
et au vieil auteur on préfère
du plus léger qui a su faire
pour avoir plus de prix qu’il n’a :
du bon polar ou du mystère
qu'en un seul jet on termina
dans les bras d'un fauteuil Voltaire.
