L'abîme
2
Lorsque je vois des amoureux
Qui se parlent dans l’ombre à voix basse
Qui se cajolent, bienheureux,
Qui joignent leurs mains et s’embrassent
Tout indifférents à ce qui se passe,
Je me surprends à bien souffrir,
Un sanglot tout à coup m’opprime
Et me revient le souvenir
D’un adieu, d’une étreinte ultime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme.
Des ans coulèrent, si nombreux
Qu’ils ont effacé les traces
De mes serments aventureux ;
Se peut-il qu’autrefois j’aimasse ?
Que mon cœur s’éprît, qu’il eût cette audace ?
Je me retrouve à dépérir
Comme un moine au triste régime
Qui se morfond en repentir
D’un péché d’une faute minime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme.
Je suis un homme ténébreux
Que les rires des femmes agacent
Et chaque soir, je songe creux
En buvant un alcool sans glace,
Sans qu’on m’importune ou qu’on m’embarrasse ;
Et je n’ai plus d’autre loisir
Que guetter ces instants infimes
Où semblent juste retenir
Deux amants une idée sublime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme.
Ô temps brutal, mon avenir,
Seras-tu quelque fois magnanime ?
Et feras-tu resurvenir
Cet émoi, cette joie bellissime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme ?
Qui se parlent dans l’ombre à voix basse
Qui se cajolent, bienheureux,
Qui joignent leurs mains et s’embrassent
Tout indifférents à ce qui se passe,
Je me surprends à bien souffrir,
Un sanglot tout à coup m’opprime
Et me revient le souvenir
D’un adieu, d’une étreinte ultime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme.
Des ans coulèrent, si nombreux
Qu’ils ont effacé les traces
De mes serments aventureux ;
Se peut-il qu’autrefois j’aimasse ?
Que mon cœur s’éprît, qu’il eût cette audace ?
Je me retrouve à dépérir
Comme un moine au triste régime
Qui se morfond en repentir
D’un péché d’une faute minime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme.
Je suis un homme ténébreux
Que les rires des femmes agacent
Et chaque soir, je songe creux
En buvant un alcool sans glace,
Sans qu’on m’importune ou qu’on m’embarrasse ;
Et je n’ai plus d’autre loisir
Que guetter ces instants infimes
Où semblent juste retenir
Deux amants une idée sublime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme.
Ô temps brutal, mon avenir,
Seras-tu quelque fois magnanime ?
Et feras-tu resurvenir
Cet émoi, cette joie bellissime
Qui s’est évanouie dans un grand abîme ?
voir l'atelier réparation
