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Pour les larmes que tu as versées
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Elle existe depuis aussi longtemps que lui,
Et pourtant, leur monde n’a pas le même avis.
Ils donnent la vie, ensemble, à deux,
Mais pour lui, trop souvent, ce n’est qu’un jeu.
Lui dégaine, vise, tire ; tout est déjà joué,
Elle, s’incline, reçoit, puis doit porter.
Quand lui a fini, elle reste encore,
Neuf mois à porter un poids, jusqu’à l’aurore.
Quand enfin elle souffle, enfin reposée,
Elle sait qu’il faut encore élever, éduquer.
Lui, tranquille, peut partir travailler,
Et se permet encore de juger.

On nous dit vivre en égalité,
Mais je la vois, à peine, sur le papier.
Beaucoup de droits ont été arrachés,
Mais tout n’est pas encore assuré.

Il y a elle, qui sourit, en silence,
Pour sa simple présence, ma reconnaissance.
Mais à chaque fois, elle subit sans bruit,
Elle cache sa douleur, s’efface dans la nuit.
Elle avance, droite, mais le cœur meurtri,
Sous un poids trop lourd, l’espoir à demi.
Elle masque sa fragilité,
S’efforce de rester, forte, cachée.
Ils la brisent de mots, l’enfoncent tout bas,
Elle encaisse, en silence, mais tout va là.
Pas de faute, aucun faux-pas,
Mais la culpabilité la serre comme un froid.
Ils parlent fort, prennent toute la place,
Elle s’efface, mais pourtant elle trace,
Une route que peu osent emprunter,
Sous les regards qui veulent la détourner.

Moi, j’ai vu ses yeux se briser,
Son cœur lourd, dans l’ombre, enfermé.
Je n’ai pas su agir, ne l’ai pas vue à temps,
Lorsqu’elle cherchait un moment réconfortant.
Je voulais l’apaiser, mais j’ai tardé,
C’est maintenant que je dois réparer,
Ce que je n’ai pas su te donner.

À toutes celles debout, dans les bastions d’acier,
À celles qui rient entre deux tempêtes,
À celle qu’ils embêtent, sans jamais s’arrêter,
Et qui pourtant, ne cesse de lutter,
Je vous dédie ces vers, pour vous libérer :
Votre force, c’est vous qui la portez.
Ce jour-là je t’ai vue pleurer, je n’ai su comment t’aider à aller mieux, alors je te dédie ce poème qui s’adresse à toutes les femmes qui souffrent ou qui ont souffert comme toi en ce 17 juillet 2025. N’oublie pas que ce n’était pas ta faute.

(PS il s'agit là d'une version améliorée de ce que j'avais composé le 17/07/2025 j'espère avoir fait les bons choix dans sa modification)

© Poème posté le 24/07/2025 par Joltinus

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