La chambre rouge
4
Viens !
refermons sur nous cette chambre vermeille
une braise y sommeille et fait battre nos coeurs
éteignant à nos yeux le brasier du soleil
La pourpre des rideaux habille de reflets
Et de fraîche langueur une source menue
qui hier encore chantait courant sur les galets
Viens !
Pose sur ma bouche un baiser d’orpailleur
des paillettes scintillent au creux de notre couche
entre nos doigts frissonne un semis de lueurs
Le lit de la rivière a sucé ses cailloux
je sens contre ma joue le limon de la baie
qui doucement s’ensable en de troublants remous
Et rejouant sans fin son jeu de fin'amor
la mer nous ouvrira ses draps de lin froissés
où nous irons bercer un crépuscule d'or
