Le saule pleureur
Les promeneurs pressés se moquent bien sans doute
De la peine d'un arbre au feuillage tombant,
Mais la Lune complice, à ses pleurs succombant,
Reste très attentive et tout à son écoute.
Sur la rive du lac, éloigné de la route,
C'est un sanglot sans fin qui coule perturbant
La pureté de l'air dans le soir titubant ;
Sous le saule incliné, la brume s'est dissoute.
Quel est donc le motif de ces larmes d'argent ?
Un bûcheron veut-il, d'un outil diligent,
Abattre la douceur d'une âme végétale ?
La clé git dans son coeur, il voudrait tant aimer
Cet autre saule blanc sur la plage rivale,
Mais le grand arbre au loin ne veut point se pâmer.
