Voguant de bon gré
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À la prosodie du coeur, ces quelques vocables,
Affermis par la sûreté du sentiment,
L'art est il à l'âme une clé du grand vivant ?
Par la bonhommie d'une heure, éther se vaut calme.
Par un mot promis, une oeuvre éclaire l'aubade,
La verve idoine a pureté du plan grisant,
Un verbe y voit la plume étudiant liant,
Voix d'un or jauni que l'heur décerne d'octaves.
Soyeux est l'esprit contant la félicité,
Joyeux des récits ovant la félibre idée:
Que tout va de soi quand la pensée est sereine,
Que chaque chose est à sa place au juste endroit,
Que la fleur rose est à la grâce auguste emploi,
Que doux, l'arbre choie, en page encrée, paix de règne
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Aux lueurs des îles, sur mon esquif, voguant,
Je contemple la lune éclairée en ce ciel,
Le bon temps, seul allume, éveillé, l'encre belle,
Ô nue fleuve, exquise, sûre onde élit mon vent.
Au pur heur désirs, et du prompt esprit, haut chant,
De constance, l'art mûr excelle et rend le rêve,
Coeur content se voit, du verset, immense trêve,
Comme une heure écrit, fleur du monde, estime au grand.
Merveilleux et pieux est l'équilibre des sphères,
L'éther meut les voeux des génies libres et frères,
La pensée concorde aux accords de l'orbe bleu,
Liant l'intellect et la grâce épanouie,
L'âme ambrée ordonne aux paroles, donne lieu,
Priant par les paix qu'air sagace ait voix ouïe.
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Dans la nuit la lyre étincelle,
Savant esprit en fait sa lumière,
Glanant l'exquis, s'en plait l'âme humaine,
Grand acquis habillé d'un ciel.
En soierie, amie et implexe,
Voyant écrit l'emblème à une ère,
Chassant les pluies en épars du règne,
L'encre a vie parmi l'air d'un rêve.
Le miroitement de ses notes,
De dix doigts, se rend coeur et dote
La pensée d'ailes vigoureuses,
Sacrant là-dessus taire et dits,
Avant qu'un heur pur vienne et lie
L'art chanté d'elle, rigoureuse.
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