Poème écrit par
Cardaline
Sur un pied d'inégalité
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Elle est là, devant moi, courtaude, en robe grise ;
Mon orgueil aussitôt redresse sa courbure,
Ainsi nous nous croisons, chacune à sa mesure,
Elle, fixant ses pieds, moi, qu’un nain galvanise.
Mais la rue, bien souvent, réserve des surprises :
Longues jambes moulées dans la Haute Couture,
Elle me rapetisse au poids d’une effaçure *
Abrégeant d’un seul coup mes grands airs de marquise.
Méditant sur l’abstraite et vaine Égalité,
Je vois mon chien frémir, pauvre petit pinscher,
Marchant d’un pas contraint face au noir rottweiler
Qui, en frôlant de près cette chair à pâtée,
La couche sur le flanc, sans lui chercher querelle,
Dans la satisfaction d’un geste naturel.
* effaçure : j'ai emprunté ce mot à Chateaubriand
Tous droits réservés © Poème posté le 31/05/2025 par Cardaline
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