Mes maux brûlent comme un violent et irrémédiable incendie,
Mes mots me bousculent, âpres à la vie, divine comédie.
Leur lave incandescente surgit alors de mes lèvres sèches,
Rouges sang de l’affront, j’explose en fièvre, flammèches.
Je m’immole à ce feu naissant et me laisse aussitôt envahir
Par la jouissance de la belle parole, l’effervescence du dire,
Geyser électrique et éclectique, tour à tour, je m’enflamme !
Or les mots blason sont mes pierres et mes brillantes armes,
Projetés au loin, ils ravagent les rivages du sens sur leur passage.
Tout à coup surgit de ses ruines implacables, par chemin, sans âge
La douce Polymnie, se dressant sur l’autel, qui s’a-muse du destin !
Et rit, à gorges déployée, de l’étourdie, lorsque tout s’est si vite éteint
Et que, de cette piètre saillie, il ne reste déjà plus, que le tremblant point.
