Sonnet avant d'entrer.
"La musique souvent me prend comme la mer (Baudelaire)
La musique me prend comme elle virevolte,
J’écoute, elle m’envoûte et, toujours en accord,
Fait sourire à la vie, asile désinvolte.
« Fi de tes trémolos ! Vibre à mon réconfort. »
Dès l’ouverture, hélas, le chagrin me révolte.
Elle joue en solo pour me séduire, à tort :
Le prélude elle sème et la fugue récolte ;
Mes doigts gourds ne sont plus qu’un pénible poids mort.
Elle est mon avenir dans une valse lente,
Souvenir d’un été, soupir d’un violon,
Soleil du crépuscule à l’humeur insolente.
Et la ronde s’envole au frileux aquilon ;
L’adagio n’a plus du zéphyr la caresse ;
Le tempo d’un orage en sol bémol m’oppresse.
