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La Ride
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A Maïa,

La RIDE


Au cours de notre enfance on ne s’en soucie guère
Puisqu’elle prend forme sur les êtres âgés.
Pourquoi s’en inquiéter, la vieillesse indiffère,
Et, bien loin de cela tout nous paraît léger.

Nos vingt ans ne sont pas davantage effarés
Par ce trait déloyal, diablement agaçant.
Notre jeunesse est là, malicieuse, acérée,
Se moquant des visages aux traits vieillissants.

Mais à trente ans nous découvrons cette intrigante,
Là, au coin de l’œil, dont le dessein est obscur.
Ride d’expression, patte d’oie ? exaspérante,
De notre point de vue, en offrant sa fissure.

Au fil des années la ride presse le pas.
Bouche, front, lèvres, mains, elle a tout envahi.
Et si, avec humour, nous topons l’aria,
Animé de bon sens, notre égo en sourit.

Dès lors, parfois, nous la percevons attachante.
Des artistes l’honorent avec dignité,
En œuvres accomplies subtilement touchantes
Nous aidant à cerner toute sa pureté.

Voici, ma belle enfant, l’image de la ride
Dont l’empreinte est singulière à toute personne,
Dans cinquante ans, peut-être, tu reliras lucide,
Ce joli poème, sans que ta voix ânonne.


µµµµ

© Poème posté le 06/12/2024 par Aros

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