Dépoussiérant les rhombes
Un virtuose de l'art
Fait renaître à ses pieds
Le jardin de l'Éden
Avec en son milieu
Le clin d'oeil originel
Des délices charnels
A sa branche accroché
Puis Hécate elle-même
L'oiseau lyre qui inspire
Les muses dont il recueille
La beauté toute nue
Pour en harmoniser
Une pépinière éclose
Où refleurit l'âge d'or
Des marguerites en herbe
Les premières qu'on effeuille
Au seuil de nos dix ans
Quand "je t'aime" va de pair
Avec passionnément
Mais les braves gens à qui
On ne la faisait pas
Huèrent le charlatan
Alors d'une pantomime
Il escamota l'arbre
L'oiseau lyre et les muses
Pour que ce vieux serpent
Usé par deux mille ans
De triste renommée
Apparaisse dans la fumée
La vindicte triomphait
Et la foule debout
L'applaudit à grand bruit...
Le spectacle est fini
La fumée dissipée
Le magicien banni
Le rideau est tombé
Et un monde comme il faut
S'est remis à tourner
La morale en vedette
Tient le haut du pavé.
