En bon rex tremendæ j’ordonnai aux phalanges
L’assaut sur ton palais, reine esclave d’un prince ;
Gravant cette missive afin que se souvinssent
Les courtisans de dire à l’envi nos louanges.
« Aux Tables du Destin, Anzû qui tient les pinces,
Créa perle ou joyau comme l’œil d’un archange
Apposé à ton front. Signe de paix des anges ?
Je vengerai plutôt le peuple qu’on évince !
Telle éclipse voilant la lune de l’étrange
Sur un harem obscur où le tyran se rince
Les mains du sang versé, règne sur quelque mince
Fagot de ses bûchers quand le feu est aux granges,
Mon stylet ne ment point : que tous les dieux nous changent
En statues si du fil de l’épée, je n’émince
Ce vil Sardanapale – écoute-le qui grince !
Et ne renvoie sa cour au plus noir de la fange ! »
Rex tremendæ: roi redoutable
Anzû: divinité sumérienne, oiseau-tonnerre
