Lespoetes.net

La poésie sur internet

Précédent Suivant

Les Doubles Enfers

Mon cœur est aux enfers, il emporte mon âme,
Là-bas, j'aperçois une magnifique femme,
Comme une tache de sang sur le macadam,
Elle me montre le chemin vers l'antre du diable.

En me pointant la route, je vois dans ses yeux,
La chose plus éblouissante que les cieux,
Qui me paraît n'être qu'un signe fallacieux,
Mais son sourire reste tout à fait aimable.

J'entre dans un souterrain empli de poussière,
Le démon, de ce putride apparat, est fier,
Je le vois au fond du tunnel, à sa lisière,
Il a un regard perfide des plus instables.

Il me dit: "Bienvenue, c'est ici que je dors !
Là, seul, dans ce grand lit au dais de marbre et d'or,
Pour cela, quand j'ai de la visite, j'adore !"
Il avait l'air heureux, je me sentais coupable.

Je lui dis: "Que veux-tu ? Je ne fais que traverser,
Toute cette luxure, ce faste, assez !
Ici, tout est beau, mais le tunnel est crassé !"
J'avais dit un truc bien bête et irrévocable.

"Il n'y a rien à traverser ici, tu restes !
Tu ne comprends pas que tu es une vraie peste ?
Avec ton peu d'humour, ton attitude leste."
Il avait raison, mais bon, c'est quand même jouable.

"Je vais aux doubles enfers, là où la fumée
Sent toujours le haschich, où on peut y semer
Des graines de pavot à opium, où tout mets
Supère ceux d'ici et de l'Éden, croyable ?"

"HAHA ! Tu es un fou, ce lieu est ta vraie demeure,
Vois-tu une lumière ? Toi qui ici meurs,
Sais-tu au moins qu'en ce moment, tu meurs ?"
Je lui dis, exaspérer : "Je ne suis pas mort, diable !"

Il dit: "Veux-tu que je te donne un coup ?
Pour te dévisser ton stupide et mince cou,
Stupide humain ! Il faudra que tu le recouses !"
Je répondis: "Vas-y ! Tout mon corps est jetable !"

Il me laissa enfin passer, vers mes enfers,
Là où je serai le roi, loin des vrais enfers,
Là où même le bon Dieu n'a aucune affaire,
Là où on me dit d'aller, car je suis incurable.

Tous droits réservés © Poème posté le 17/05/2024 par Sebastien

...
× Illustration agrandie