Avant on était
avant on était
tout ce qu’on avait envie d’être
maintenant
on n’a plus envie de rien
on n’est plus rien
on n’est plus
ce qui portait un habit
et occupait la place attribuée
ce qui écoutait les instructions
et se pliait aux exigences
ce qui s’appropriait les discours
et transmettait le débat
ce qui prenait feu à la confrontation
et couvait sous la rage
ce qui acceptait ce qu’on lui offrait
et tentait de le digérer
ce qui s’emparait de tout
pour le redistribuer pleinement
on n’est plus
ce que l’on façonne
ce que l’on modèle
ce que l’on instruit
ce que l’on assigne
à assigner soi-même
on n’est plus
cette doublure de soi
ce portrait trop banal
trop comme tout le monde
trop comme il faut
dans lequel on ne se retrouve pas
dans lequel le personnage a gommé l’être
nous
on n’a rien à voir
avec ces mimiques grotesques
ces poses lugubres
cette distinction méprisante
cette élégance haineuse
cette respectabilité cynique
nous
on n’a rien à voir
avec ce regard
autoritaire et vide
dominateur et glauque
ce regard
qui ne cherche rien d’autre
qu’à faire croire
qu’il voit quelque chose
francis avril
tout ce qu’on avait envie d’être
maintenant
on n’a plus envie de rien
on n’est plus rien
on n’est plus
ce qui portait un habit
et occupait la place attribuée
ce qui écoutait les instructions
et se pliait aux exigences
ce qui s’appropriait les discours
et transmettait le débat
ce qui prenait feu à la confrontation
et couvait sous la rage
ce qui acceptait ce qu’on lui offrait
et tentait de le digérer
ce qui s’emparait de tout
pour le redistribuer pleinement
on n’est plus
ce que l’on façonne
ce que l’on modèle
ce que l’on instruit
ce que l’on assigne
à assigner soi-même
on n’est plus
cette doublure de soi
ce portrait trop banal
trop comme tout le monde
trop comme il faut
dans lequel on ne se retrouve pas
dans lequel le personnage a gommé l’être
nous
on n’a rien à voir
avec ces mimiques grotesques
ces poses lugubres
cette distinction méprisante
cette élégance haineuse
cette respectabilité cynique
nous
on n’a rien à voir
avec ce regard
autoritaire et vide
dominateur et glauque
ce regard
qui ne cherche rien d’autre
qu’à faire croire
qu’il voit quelque chose
francis avril
