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Poème écrit par Arielle

Cendrillon et l'hiver

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J'aimerais tant pouvoir encore
faire jaillir du poing fermé
de son quotidien étriqué
une citrouille potagère
et chausser Cendrillon de vair*
pour la mener sous les lampions
d'un bal aux marches du palais

En trouvant musique à leurs vers
les mots dansaient dans la nuit claire
éclataient en bulles légères.

La muse penchée au balcon
semait confetti, cotillons,
en attendant que minuit sonne
et ramène au coin de son âtre
la belle enfant sans le bellâtre
qui avait volé son chausson.

Le conte est un prince qu'on sort
du tiroir grinçant des commodes
d'une enfance passée de mode
et qu'on aimait faire chanter.

Mais nos voix se sont enrouées
nous trahissent, coquin de sort !
et la musique de nos vers
grelotte au vent de notre hiver.


*Le vair est une fourrure grise et blanche à base de petit-gris, une variété d'écureuil nordique "C'est par erreur qu'on a dit que les pantoufles de Cendrillon étaient de verre? Des chaussures de vair, c'est-à-dire des chaussures fourrées, se conçoivent mieux" (A. France)

Tous droits réservés © Poème posté le 04/03/2024 par Arielle

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