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Poème écrit par Arielle

Arthur

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J’ai imaginé un message qu’aurait pu adresser Verlaine à Rimbaud vers 1886 alors que ce dernier commerçait en Ethiopie sans se soucier de son recueil « Illuminations » qui venait d’être publié par les soins de son vieux compagnon.
Verlaine évoque leur séjour à Londres entre 1872 et1873


Toi l’enfant-loup
âpre oxymore
piéton de l’air et paysan
poings d’écorcheur à l’œil faïence
caricature d’innocence

Dis, qu’as-tu fait de ta jeunesse*
des tumultes de ton front pâle
plein d’éminences
et de promesses ?

Dans les brouillards de la City
où nous battions de la semelle
tu soulevais
du pavé gras
tant d’étincelles de génie
que sous tes pas
Londres flambait

Je m’enchaînais à ton sillage
dans l’enfer glauque des tripots
où tu prétendais écumer
la quintessence de tes rages

Vil cabotin pétri d’injures
tu ne retins que l’amertume
de la Beauté
t’ayant élu
pour le cagneux de tes genoux
qui lui avaient brûlé le cul

Sous ta tignasse d’ange triste
crapotant un faux cresson bleu
ta piètre panoplie d’artiste
n’était qu’un jeu

Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,
De ta jeunesse ?
*
cette saison de noire ivresse
qui te vit roi

Tu as vomi tes sortilèges
dont je vénère des copeaux

Aigri fiévreux
sans nul répit
tu cours
à t’en rompre les os
loin de nos anciens parapets
loup qu’affame une folle errance
les crocs cloués sur ton silence
*Extraits de « Sagesse » Paul Verlaine

Tous droits réservés © Poème posté le 30/01/2024 par Arielle

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